Biblio agricole

Joel Salatin, The Sheer Ecstasy of being a Lunatic Farmer, 2010, 315p.

OLYMPUS DIGITAL CAMERACe livre ne se veut ni un manuel de technique agricole, ni un ouvrage de philosophie agraire. Il s’agit plutôt d’un livre où Joel Salatin nous présente sa vision personnelle de la ferme, de l’industrie agroalimentaire, du monde. Il est important de mentionner que Salatin est tout sauf subtil dans ses écrits. Il ne cache pas qu’il est capitaliste et déploie sa haine de l’aide gouvernementale. D’ailleurs, il croit que le succès de l’agriculture biologique réside dans sa capacité à être plus compétitive que son homologue conventionnel. De plus, Salatin est doué pour lancer des opinions sans justifications ou, encore pire selon moi, en les justifiant par l’intervention de dieu. Je comprends maintenant ce que voulait dire Wendell Berry dans son introduction du livre : « Dear Joel, Like me, you have a few opinions. I won’t take a pledge to agree with every one of yours, and I would be disappointed in you if you agreed with every one of mine.”  En effet, on ne peut pas être d’accord avec les valeurs de tous.

La force de Salatin se trouve probablement plus, à mon avis, dans ses années d’expériences en agriculture et dans son enthousiasme à essayer de nouvelles techniques non conventionnelles. Il en ressort des moyens de production agricole fort intéressants : l’irrigation par gravité (à l’aide d’un lac en amont), les clôtures légères et amovibles pour le bétail, le pâturage intensif, l’idée de choisir ses races d’animaux en fonction de son écosystème, faire jeuner ses animaux au printemps pour imiter la nature et faire en sortir qu’ils prennent du poids plus rapidement lorsqu’ils reçoivent de la nourriture en abondance en été et en automne, et j’en passe.

Finalement, les mots que j’ai préféré de Salon sont:  » As a culture, we will not have intelligent farming until we have intelligent farmers. And we will not have intelligent farmers until we believe intelligent people aim and should farm. “

Levain

J’entends parler de fermentation autour de moi de plus en plus depuis quelque temps et je me suis souvent dit qu’il serait intéressant d’essayer à mon tour. Internet déborde de recettes pour démarrer son yogourt, son kimchi ou sa choucroute, son vin ou sa bière. De plus, de nombreuses études corroborent les bienfaits de la fermentation sur la flore bactérienne de notre estomac. Cependant, quelque chose me retenait de me lancer. La peur? Le fait que je dé-tes-te la choucroute? En tout cas, une chance de Xavier m’a donné un bout de son levain parce que cette petite bibitte a révolutionné ma vie! Hier je divisais et nourrissais mon levain pour la première fois et au moment de jeter le surplus je me suis dit qu’il était temps ou jamais d’essayer. Et le pain que j’ai fait est de loin le meilleur de toute ma carrière de boulangère amatrice.

Voilà le lien de la recette (hyper facile!) que j’ai utilisée hier, ici.

Voici aussi une méthode pour démarrer son levain, ce qui semble ressembler à celle que Xavier a utilisé.

Et, comme information supplémentaire, voici un article sur comment le levain diminue la teneur en gluten du pain et comment même des personnes souffrant de maladie coeliaque (intolérance au gluten) peuvent parfois réussir à manger du pain régulier au levain.

Quelqu’un veut un bout de levain?

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Bibliothèque agricole – To Make a Farm – documentaire

To Make a Farm

to make a farm

Bien que ce ne soit pas un livre, j’ai décidé d’inclure ce film dans la bibliothèque agricole parce qu’il illustre bien le futur que Marko et moi envisageons. Ce film canadien suit cinq jeunes tentant de démarrer une entreprise agricole à petite échelle pendant un été. On y voit leurs projets, leurs ambitions et leurs réussites, mais aussi les difficultés que la nature leur fait subir (inondations, manque d’oligoéléments, maladies ovines, etc.). La volonté de ces jeunes est exaltante tout autant que leur détresse est attristante. On comprend la difficulté de devenir autonome et rentable dans un tel milieu, surtout pour des gens optant pour une agriculture non-conventionnelle et ne venant pas d’un milieu agricole.

Par moment ce film me replongeait dans ce stress continuel qui me fait remettre en question ce choix de profession au moins une fois par jour. D’un autre côté, de voir ces gens persévérer et apprendre de leurs erreurs me met en confiance. Je sais que nous nous embarquons dans une aventure où nous auront toujours du travail par-dessus la tête, où nous ne compterons plus les larmes versées sur les aléas rencontrés mais je sais aussi qu’il s’agit probablement du seul domaine où je peux à la fois changer le monde, dépenser toute cette énergie qui ne demande qu’à être libérée, profiter de tout ce que la nature a à m’offrir et façonner un coin de pays, un écosystème qui nous est totalement nôtre.

Pour résumer après cet épandage sentimental, je recommande d’écouter ce film à tous ceux et celles désirant se diriger en agriculture afin de saisir les difficultés qui vous attendent. La réalité à laquelle ce documentaire nous confronte est cruelle mais enivrante.

Site officiel du film: http://tomakeafarm.ca/

Site pour l’écouter en ligne: http://ww3.tvo.org/video/173945/make-farm

De mon côté, je suis allée visiter notre future école mardi et j’ai maintenant plus que hâte de débuter les cours. Ne reste plus qu’à s’inscrire, trouver un logement, trouver un boulot et trouver un terrain! Aie aie aie!