Inchindown Farm (2/3) Les moutons

Voici un bref résumé de comment se passait le lambing sur la ferme. Ce ne sont que les notes que j’ai prises pendant que nous étions là, mais il y a énormément de façons de faire différentes. De plus, ceci ne se veut pas un guide à suivre pour quelqu’un qui entreprendrait de faire du lambing pour la première fois. Il s’agit surtout d’expliquer un peu à nos amis ce que l’on a fait pendant ces deux semaines sur la ferme. En effet, les explications pourraient être plus détaillées et n’ont pas été révisées par un professionnel et il peut arriver des situations exceptionnelles où l’on doit réagir différemment. Mais bon, c’est quand même super intéressant :

–          Habituellement, on compte 5 moutons par acre.

–          Sur une ferme d’élevage, on distingue les moutons en trois catégories : les tops ou rams, les mâles servant à l’accouplement; les brebis, qu’on fait accoupler; et les hogs, qui sont encore trop jeunes pour servir à l’accouplement. Les agneaux sont pour la plupart vendus soit pour l’élevage ou soit pour la viande.

–          On préfère faire accoupler les moutons à l’automne, pour que le vêlage se produise au printemps. Les agneaux ont donc le temps de grandir pendant le printemps et l’été.

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–          La gestation d’une brebis dure environ 6 mois.

–          On fait un scan après 2 mois pour savoir le nombre d’agneaux que chaque brebis attend et la date du vêlage. On identifie ensuite les brebis avec des symboles et des couleurs différentes pour se rappeler de ces informations.

–          La plus grande partie de la croissance des agneaux se produit dans les six dernières semaines de la grossesse.

–          Quand l’agneau naît, on préfère qu’il sorte la tête première. (On peut essayer de le repousser un peu pour qu’il sorte du bon côté.) Si on doit intervenir, on doit faire attention à l’os pelvien de la brebis lorsque l’agneau sort. On fait sortir les pattes droites, en même temps que la tête, en tirant solidement vers le bas. On place ensuite le nouveau-né face à sa mère pour qu’elle le liche.

–          Si l’agneau semble avoir du liquide dans les voies respiratoires ou avoir de la difficulté à respirer de lui-même, on peut balancer l’agneau par les pattes arrière, la tête en bas, pour faire sortir le liquide. On peut ensuite dégager les narines en insérant un bout de pailles dans ses narines pour le faire éternuer.

–          Il est important que la brebis lèche son bébé pour le réchauffer. Dans les cas extrêmes (le plus souvent lorsque la brebis décède), on peut sécher un agneau avec une serviette.

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–          Pour les agneaux nés dans la grange, afin d’éviter les contaminations, on donne aux nouveaux-nés un mélange de vitamines et de liquide anti-bactérien par voie orale, puis on asperge leur nombril et leur cordon ombilical d’iode (ceci désinfecte et empêche la mère de licher le nombril

 

–          Un agneau doit recevoir du colostrum (liquide présent dans le lait de la mère pendant les premières 24 heures après l’accouchement) pour survivre.

 

–          Dans les prochains jours, le plus souvent le lendemain, on castre les agneaux à l’aide d’un élastique (faire attention aux tétines!). On utilise les mêmes élastiques pour choisir la longueur de queue qu’on désire avoir. Avec le temps, les testicules et la queue vont sécher et tomber d’eux-mêmes. En même temps on les identifie à l’aide de couleurs, numéros ou lettres.???????????????????????????????

 

–          La perte de chaleur et le manque de colostrum sont les deux plus grandes causes de mortalité chez les agneaux. Ceci peut arriver lorsque la mère n’accepte pas son agneau (donc ne le liche pas et ne le laisse pas téter) , lorsque qu’elle n’a pas beaucoup de lait, lorsqu’il n’arrive pas à téter ou simplement lorsqu’il soit trop faible.

–          Un bébé faible peut être mis sous une lampe chauffante. Mais on doit faire attention à ce que sa mère continue à l’accepter, en essayant de ne pas l’éloigner trop longtemps.

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–          On peut leur faire boire le lait que l’on a tiré de la mère (si possible) ou du lait en poudre (avec supplément de colostrum la première journée). Si l’agneau tète on le nourrit à la bouteille mais lorsqu’il ne tète pas on insère un tube dans sa gorge pour le nourrir. Il est préférable que l’agneau reçoive le lait de sa mère pour qu’elle puisse sentir sa propre odeur dans ses selles et l’accepter plus facilement.

–          On doit insérer le tube à la droite de la bouche de l’agneau. (Pour ne pas mettre le tube dans ses voies respiratoires).

–          On doit faire attention à se qu’un agneau n’avale pas d’air quand on le nourrit. On retire donc le tube avant qu’il ne soit complètement vide.

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90, une de mes paires préférées: deux gros agneaux en grande forme avec de super longues oreilles!

–          Pour vérifier si l’agneau est plein de lait, on le soulève par les pattes de devant et on tâte le bas de son estomac. Ce qu’on doit ressentir est difficile à expliquer, c’est plus quelque chose qu’on sent. Mais le ventre est bien rebondi sans trop être tendu.

–          Si un agneau ne se fait pas accepter, on peut essayer de le donner à une autre mère. On choisira des brebis n’ayant qu’un agneau ou ayant perdus les siens. On peut alors dépouiller l’agneau mort et mettre sa peau sur celui qu’on veut voir adopter. Ceci permet à la mère de reconnaître son odeur et à l’accepter.

–          Le dépouillage se passe ainsi (cette technique est celle apprise par Marko mais il y a d’autres moyens de faire) : on coupe autour des pattes arrières, ensuite l’entre-jambe, on tire un peu et on coupe la queue, puis on tire (en tenant près du corps) la peau jusqu’à par-dessus la tête, puis on coupe autour du cou et autour des pattes avant.

Autre :

-Takers : brebis qui essaient de prendre les autres agneaux, les prenant pour les siens. Ceci peut se produire jusqu’à quelques jours avant son vêlage. Elles peuvent faire de bonnes candidates pour l’adoption.

-Gimmers : Brebis vivant leur première ou seconde année de vêlage. Elles sont plus souvent inabituées à être mères. Elles peuvent poser plus de problèmes.

-Il est important de ne pas exciter une brebis (surtout une gimmer) qu’on ramène au champ avec ses bébés. On ne veut pas qu’elle s’en éloigne.

-La merde orange est bon signe car elle indique que l’agneau a eu beaucoup de colostrum. (Elle colle aussi extrêmement, jusqu’à boucher l’anus. C’est dégueu, mais quand même quelque chose à surveiller et à retirer si ça pose problème!)OLYMPUS DIGITAL CAMERA

Ce que j’ai probablement appris de plus important sur la ferme, c’est qu’on doit toujours essayer de laisser les choses aller le plus naturellement possible. Quand on se doit d’intervenir, on doit choisir la solution la plus naturelle à la situation. Pour reprendre l’exemple du lait : si un agneau ne peut pas boire au sein, on peut tirer le lait de sa mère et le lui donner. Si elle n’a pas de lait, on lui donne du lait en poudre. On essaie de le faire boire à la bouteille et seulement si ça ne fonctionne pas on le lui donne en tube. La même chose s’applique avec l’accouchement : on n’intervient que si la situation le recommande.

J’adore cette façon de faire, si naturelle, tellement en harmonie avec le rythme des animaux. Je suis végétarienne et très mal placée pour parler, mais j’ai le sentiment que la viande doit goûter très différemment de ce que l’on peut retrouver dans les méga-usines, où les animaux voient rarement la couleur du jour. J’ai énormément de respect pour David qui essaie de laisser ses animaux le plus longtemps possible dehors, rentrant dans la grange celles qui en ont besoin le plus tard possible et les sortant dès que le sol est un peu réchauffé, repoussant ses propres heures de sommeil. On sent que l’homme est en équilibre avec ses bêtes.

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N, mon préféré des triplets. C’est un cas un peu perdu, parce que cet agneau est né avec une déformation aux pattes. Il a donc de la difficulté à marcher et à rejoindre sa mère. Malgré cela, il est en très bonne santé. Nous avons passé plusieurs jours à s’en occuper (le ramener à sa mère, rentrer la petite famille le soir, vérifier s’il buvait assez, etc.). On espère qu’il sera maintenant assez fort pour s’en sortir seul.

 

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